Pneus d'hiver

Auto Zeitung x GTÜ x ARBÖ test hivernal (245/45 R19) : les pneus haut de gamme restent le choix le plus judicieux

Jiri Zelinka Auteur Jiri Zelinka
4 min de lecture

Si vous roulez au quotidien en grande berline en 245/45 R19 (type BMW Série 5), le récent comparatif d’Auto Zeitung avec ses partenaires GTÜ et ARBÖ est l’un des jeux de données les plus utiles cet hiver. Dix pneus, une voiture, des essais contrôlés sur neige, mouillé et sec, plus un quatrième volet qui arbitre les coûts d’exploitation et le score éco (abrasion, résistance au roulement, bruit extérieur, durée de vie projetée). Conclusion: le premium reste payant — pour la sécurité et, contre‑intuitivement, souvent aussi pour le portefeuille sur toute la durée de vie du pneu. 

TL;DR du podium

  • Vainqueur : Goodyear UltraGrip Performance 3 — 414 pts. Référence sur mouillé, avec des notes constamment élevées ailleurs et un solide bilan environnemental global. 
  • 2e : Michelin Pilot Alpin 5 — 397 pts. Le champion de la longévité et de l’abrasion; silencieux et sobre au roulement, ce qui en fait le plus économique sur la durée malgré un prix d’achat élevé. 
  • 3e : Pirelli P Zero Winter 2 (★94) — 393 pts. Chiffres d’arrêt sur mouillé éclatants et atout durabilité : ≥55 % de matériaux recyclés/biobasés dans cette dimension. Léger bémol en aquaplanage en courbe

Complètent le groupe « vivement recommandés » : Bridgestone Blizzak 6 (★91) Enliten (maestro sur neige, de peu hors podium) et Continental WinterContact TS 870 P (★93) (équilibré, mais pas aussi court en freinage sur mouillé). 

Ce qui a réellement été mesuré (et pourquoi c’est important)

La matrice d’Auto Zeitung met l’accent sur trois « chapitres » de poids égal — neige, mouillé, sec — avec plusieurs sous-tests par chapitre, puis intègre usure/roulement/bruit/longévité. En pratique, deux éléments font le plus bouger l’aiguille pour la sécurité réelle :

  1. Freinage et stabilité sur mouillé. L’écart fait réfléchir. Dans une comparaison de référence, lorsque la Série 5 chaussée du pneu le plus adhérent est déjà arrêtée depuis 100 km/h, la même voiture sur le moins performant roule encore à ~40 km/h — c’est une énergie de choc de l’ordre d’un accident. 
  2. Motricité sur neige et adhérence latérale. Bridgestone, Goodyear et Michelin offrent ce ressenti hivernal rassurant « ça accroche et ça reste »; les importations à bas prix peinent à garder l’auto posée quand la surface devient une patinoire. 

Le rappel à la réalité côté budget

Trois références économiques paraissent tentantes à la caisse mais vous font perdre de la marge de sécurité quand ça compte :

  • Maxxis Premitra Snow WP6 — dernier au classement; arrêts sur mouillé très longs et freinage sur sec faible, qui effacent des fondamentaux neige corrects. 
  • Linglong Sport Master (★67) Winter — faibles réserves de sécurité globales sur neige; empreinte environnementale la plus élevée du groupe. 
  • Triangle EffeX Winter W421 — intrigant : 2e meilleur freinage sur sec et coût au km bas, mais des pénalités en stabilité/confort/environnement l’écartent de toute recommandation. 

Yokohama BluEarth Winter V906 et Vredestein Wintrac Pro+ (★67) occupent le milieu de tableau : utilisables, mais attendez‑vous à des compromis — Yokohama cède trop sur neige; le freinage sur mouillé du Vredestein s’étire plus que souhaitable dans cette catégorie. 

Détails techniques qu’on a appréciés

  • Économie d’usage vs prix d’achat. Triangle vaut ~⅓ du prix d’un Michelin dans cette dimension, et vous obtiendrez ~59 % du kilométrage — en pur €/km, cela peut sembler correct. Mais les indicateurs d’abrasion/bruit/roulement du test (et l’écart de sécurité) font pencher le coût total de possession en faveur des grandes marques. Au final, Michelin s’impose comme le vrai choix « économique » sur toute la vie grâce à faible usure et faible résistance au roulement (RR)
  • Parenthèse matériaux. La recette Pirelli à ≥55 % recyclé/biobasé est remarquable pour un pneu qui reste tout près du haut du classement en essais dynamiques. Le compromis se voit spécifiquement en aquaplanage en courbe, pas sur l’indicateur clé de freinage sur mouillé
  • Le chapitre neige reste déterminant. Même si vos hivers sont plus doux, l’écart en motricité + soutien latéral se traduit par moins d’interventions du contrôle de stabilité (ESP) et une réponse transitoire plus prévisible lorsque la neige fondante s’accumule. La nouvelle spécification Enliten de Bridgestone brille ici.